( AFP / MARCO BERTORELLO )
La banque italienne UniCredit a annoncé mardi avoir porté sa participation dans Commerzbank à 34,4%, alors que son offre publique d'achat hostile sur la banque allemande s'intensifie.
"UniCredit estime que la vigueur de la réponse à l'offre de rachat reflète la valeur intrinsèque que les investisseurs reconnaissent dans son offre sur Commerzbank", a affirmé la banque italienne dans un communiqué.
UniCredit a lancé son offre de rachat le 5 mai et celle-ci court jusqu'au 16 juin.
Contactée par l'AFP, Commerzbank a refusé de commenter.
Pour UniCredit, dépasser le seuil de 30% du capital de Commerzbank lui permet d'éviter d'avoir à lancer ultérieurement une nouvelle offre sur la totalité du capital.
Même si elle ne contrôle pas encore la banque allemande à l'issue de l'offre, elle pourra ensuite augmenter progressivement sa participation en rachetant des actions sur le marché, sans nouvelle offre obligatoire.
"Des actions représentant environ 7,6% du capital de Commerzbank ont été apportées à ce jour", a indiqué UniCredit mardi.
"Combinées à la participation directe d'UniCredit" et à d'autres instruments financiers, "cela représente respectivement 34,4% et 37,6% au total", a-t-elle précisé.
UniCredit ne recevra toutefois les actions qu'une fois l'échéance de l'offre atteinte.
"Ces chiffres constituent les seules mesures pertinentes pour déterminer si l'offre publique d'acquisition d'UniCredit est un succès", a affirmé le groupe.
Après avoir passé plus d'un an à constituer une participation dans Commerzbank, la deuxième plus grande banque italienne a officiellement lancé le mois dernier une tentative de rachat de 35 milliards d'euros (41 milliards de dollars) sur sa rivale allemande.
L'offre est largement considérée comme trop basse, mais elle marque la dernière étape de la poursuite acharnée de Commerzbank par la banque italienne, qui a suscité la fureur de l'établissement allemand et de hauts responsables politiques allemands.
La directrice générale de Commerzbank, Bettina Orlopp, a été applaudie le mois dernier lorsqu'elle a éreinté l'offre d'UniCredit.
S'exprimant lors de l'assemblée générale annuelle de Commerzbank, elle a déclaré qu'il s'agissait "d'une tentative de prendre le contrôle de Commerzbank à un prix qui ne reflète pas correctement la valeur fondamentale et le potentiel de notre banque".
Le chancelier Friedrich Merz a mené la charge contre ce qu'il a qualifié "d'approches hostiles et agressives", déclarant récemment que de telles actions sont "un moyen de détruire la confiance".
Mais UniCredit soutient qu'elle cherche à créer un géant bancaire paneuropéen mieux armé pour affronter ses grands rivaux américains sur la scène internationale.
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